Pendant longtemps, le dépistage du cancer colorectal a principalement ciblé les personnes âgées de 50 ans et plus. Or, les choses changent. En 2026, la Société canadienne du cancer a officiellement demandé aux provinces et territoires d’abaisser l’âge recommandé pour le dépistage à 45 ans chez les personnes présentant un risque moyen.
Cette recommandation s’appuie sur une réalité préoccupante : les cas de cancer colorectal augmentent chez les adultes de moins de 50 ans au Canada, et partout dans les pays industrialisés.
Le cancer colorectal demeure l’un des cancers les plus fréquents au pays. Il représente également l’une des principales causes de décès liés au cancer.
Ce qui inquiète davantage les experts aujourd’hui, c’est l’augmentation des diagnostics chez les personnes plus jeunes, parfois même dans la quarantaine. Selon les données citées par la Société canadienne du cancer, les Canadiens nés après 1980 seraient maintenant de deux à deux fois et demie plus susceptibles de recevoir un diagnostic de cancer colorectal avant l’âge de 50 ans que les générations précédentes.
Plusieurs patients plus jeunes ne pensent pas spontanément au cancer colorectal lorsqu’ils développent des symptômes digestifs. Résultat : certains cancers sont détectés plus tardivement, lorsque la maladie est déjà plus avancée.
L’objectif du dépistage est simple : détecter les anomalies ou les cancers avant l’apparition de symptômes importants.
Selon une modélisation récente réalisée par des chercheurs canadiens, le fait de commencer le dépistage à 45 ans pourrait permettre d’éviter environ 15 000 cas de cancer colorectal et plus de 6 000 décès au cours des prochaines décennies au Canada.
Lorsqu’un cancer colorectal est détecté tôt, les traitements sont généralement plus efficaces et le pronostic de survie est beaucoup plus favorable.
Même en l’absence d’un programme de dépistage officiel avant 50 ans, certains signes digestifs devraient toujours être évalués rapidement, peu importe l’âge.
Voici quelques symptômes qui méritent une consultation médicale :
Même si ces symptômes peuvent être liés à des problèmes bénins, ils ne devraient jamais être banalisés.
Pour les personnes présentant un risque moyen, le dépistage du cancer colorectal commence souvent par un test de recherche de sang occulte dans les selles immunochimique, aussi appelé test RSOSi. Ce test simple, réalisé à la maison, permet de détecter la présence de sang invisible à l’œil nu dans les selles.
Le RSOSi constitue généralement la première étape du dépistage, puisqu’il permet d’identifier les personnes qui pourraient nécessiter des examens plus approfondis.
Lorsqu’un résultat est positif, une coloscopie est habituellement recommandée afin d’examiner directement l’intérieur du côlon. Cet examen permet au médecin de vérifier la présence de polypes, de lésions ou d’autres anomalies pouvant expliquer le résultat du test.
La coloscopie joue donc un rôle essentiel comme examen diagnostique à la suite d’un test de dépistage positif. Elle permet également de retirer certains polypes pendant la procédure, avant qu’ils ne puissent évoluer vers un cancer colorectal.
Dans un contexte où les recommandations évoluent et où les cas augmentent chez les adultes plus jeunes, plusieurs personnes souhaitent maintenant discuter plus tôt du dépistage avec leur médecin.
La recommandation de la Société canadienne du cancer ne signifie pas que toutes les provinces ont déjà modifié leurs programmes de dépistage. Toutefois, ce changement de position reflète l’évolution des connaissances scientifiques et l’importance croissante accordée à la détection précoce.
En présence de symptômes digestifs, d’antécédents familiaux ou de préoccupations concernant votre santé digestive, il demeure important d’en parler rapidement avec un professionnel de la santé.